Recherches généalogiques familiales - Classement d'archives - Rédaction d'histoire familiale
12 Mars 2023
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Ce portrait du Général comte d'Empire, Antoine DROUOT (1774-1847) qui figurait en bonne place dans la propriété de Varanges (Côte d'Or) où notre grand-père, Marcel NICOLLE (1877-1965) a vécu la dernière période de son existence, nous rappelle une légende familiale qui court maintenant depuis 6 générations, attribuant à notre ancêtre Madeleine DROUOT (1773-1857) un lien de "cousinage" avec ce héros de la bataille de Wagram.
Las ! Les recherches généalogiques soutenues n'ont pas permis d'en vérifier la pertinence, les deux familles étant géographiquement éloignées (Nancy et Nuits-Saint-Georges). Il n'en reste que des supputations au même titre que notre éventuel lien de descendance avec le duc de Bourgogne Jean Sans Peur...
La découverte dans nos archives familiales d'une lettre autographe du Général DROUOT s'adressant à son "cher Noisot" qu'il avait bien connu dans la vieille garde et qu'il avait retrouvé à Saint-Hélène", datée du 13 mars 1831, vient réactiver cette légende ou montre tout du moins l'intérêt poursuivi pour celle-ci.
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Nancy le 13 mars 1831
Mon cher Noisot
J'ai reçu avec plaisir votre lettre qui m'a été remise hier soir par le Cap(ne) DUMONT. je suis très reconnaissant de votre affectueux souvenir. Il est vrai que depuis cinq ans, des douleurs me privent de la faculté de marcher sans bequilles et me condamnent pendant la plus grande partie de l'année a une detention rigoureuse; mais j'espere bien que si la france est attaqué, je retrouverai les forces necessaires pour me rendre a la frontiere et donner aux jeunes artilleurs l'exemple du devouement au Roi et a la patrie. Malgré mes infirmités, je sens mon sang bouillonner quand il s'agit de defendre notre territoire, l'independance et l'honneur de la france.
Le Cap(ne) DUMONT m'a dit que vous avez fait un mariage avantageux; je vous en felicite et j'apprendrai toujours avec plaisir ce qui vous arrivera d'heureux.
Je vous renouvelle, mon cher Noisot, mon sincere attachement.
Drouot
Leg(ionnaire) en retraite
On reconnaîtra dans cette lettre la fougue du Général DROUOT qui lui a permis de se distinguer entre autres sur le champ de bataille de Wagram et qui traduit le regain du culte impérial au début de la Monarchie de Juillet à une époque où Noisot était nommé commandant de la Garde Nationale.
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Ce grand admirateur de Napoléon qu'était Claude NOISOT, originaire d'Auxonne où il est né en 1787, s'était en effet marié en 1830 avec Nicole VIENOT qui possédait des vignes à Fixin (près de Nuits-Saint-George) et où il mourut le 14 avril 1861 en exprimant sa volonté d'être enterré debout "sabre au clair" face à la statue de l'Empereur. Las ! la dureté de la roche n'a pas permis de l'exaucer.
On peut admirer son buste par Paul CABET sur sa tombe dans le parc NOISOT à Fixin.
Peut-on imaginer que notre aïeul Dominique NICOLLE (1804-1875) qui vivait à cette époque à Nuits-Saint-Georges (distante de 13 kilomètres de Fixin) ait été en contact avec Claude NOISOT qui, en souvenir du Général DROUOT, lui aurait remis cette lettre ? ou bien par l'intermédiaire d'un de ses héritiers puisque celui-ci est mort sans descendance ?
Le mystère demeure...
Sauf que...
Notre admirateur de Napoléon ayant une âme d'artiste avait fait la connaissance du sculpteur originaire de Dijon, François RUDE (bien connu pour sa Marseillaise sur le fronton de l'Arc de Triomphe) et lui commanda en 1844 un monument à la gloire de son héros.
Trois ans plus tard, en juin 1847, Napoléon s'éveille à la mortalité, sculpture aux multiples symboles, fut transportée de Paris pour être installée à Fixin dans le parc de la propriété de notre NOISOT qui, entre-temps avait reconstitué à l'identique les remparts de l'île d'Elbe.
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C'est en grande pompe qu'il fut inauguré le 12 septembre 1847 en présence des autorités civiles et militaires, des maires, préfets, généraux et d'une foule de 20 000 personnes.
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Comment ne pas imaginer que notre ancêtre, Dominique NICOLLE, lui-même fils de Madeleine DROUOT et qui s'intéressait à l'histoire de sa famille, ne se soit pas précipité depuis Nuits à cet évènement largement annoncé dans les journaux de l'époque ? Il n'avait certes pas l'espoir de rencontrer son lointain "parent", le Général DROUOT, décédé le 24 mars précédent. mais peut-être est-ce à cette occasion qu'il a pu se lier avec NOISOT.
D'où l'origine de cette lettre de DROUOT soigneusement transmise de générations en générations ?